- L’Annonce faite à Marie ; Myriam devient Marie
- Etude des symboles à l’entrée du tombeau
- La Résurrection et l’Ascension du Christ
- Epilogue
- Notes
- Bibliographie
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Le Nom de Marie et la prophétie d’Esaïe
Le tombeau découvert sur la colline de Talpiot, à Jérusalem, est-il celui du Christ et de sa famille ? Par la première de ses lettres, telle qu’elle est gravée en hébreu sur l’ossuaire attribué à la Vierge, le nom de Marie (Mariha) comporte une anomalie. La lettre M, prononcée Mem en hébreu (N. 1), devrait être ici un Mem ouvert, 13e lettre de l'alphabet. Or, c'est un Mem final fermé, 24e lettre, qui est écrit en initiale du nom :
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L'alphabet hébreu est composé de 22 lettres. Cinq d'entre elles, lorsqu'elles sont placées à la fin des mots, ont une fonction grammaticale. Elles gardent leur nom d'origine mais changent de forme. Ainsi leur nombre passe de 22 à 27 et Mem, 13e lettre de forme ouverte, devient Mem finale fermée, la 24e de l'alphabet. Cette lettre ne doit donc se trouver qu'à la fin d'un mot. Elle indique le pluriel lorsqu'il s'agit d'un nom commun. Or, l'écriture hébraïque allant de la droite vers la gauche, la première lettre écrite sur l'ossuaire de Mariha est incontestablement un Mem fermé donc final, d'ailleurs très agrandi.
Toutefois, il existe une exception scripturaire qui ne se trouve qu’une seule fois dans l’écriture hébraïque de l’Ancien Testament, en Esaïe 9, 6 (Isaïe dans la Bible en hébreu). Il s’agit du mot Meribah dont la signification est ‘Grandeur’ et dont l’initiale est un Mem final. Employé dans le cadre d’une prophétie annonçant qu’un Fils viendra pour la grandeur du peuple hébreu (pour le sauver selon d'autres exégèses), le Mem final en initiale du mot Meribah peut-il être rapproché de celui de Mariha dont le Fils est le Messie reconnu par les chrétiens ?
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Le nom de Matiah (Matthieu), sur un autre ossuaire présent dans le même tombeau, est d’une écriture très proche de celle de Mariha. Il nous permet de mieux visualiser la différence des deux lettres Mem. L’une est fermée, l’autre est ouverte.
Mariha (Marie) et Matiah (Matthieu) tels qu'ils sont gravés sur deux des ossuaires
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Il n’existe aucune exception grammaticale à l’emploi spécifique des cinq lettres finales. Une lettre appelée ‘finale’ doit toujours se trouver à la fin d’un mot, jamais en son début ni en son corps et cela qu’il soit un nom propre ou un nom commun.
Vraisemblablement, ce serait afin de magnifier le nom de Marie, de le glorifier, que la première lettre de son nom aurait été ainsi rapprochée de celle du mot "Grandeur". C’est aussi, faut-il le préciser, la lettre qui termine le mot Dieu Elohim, ainsi que le mot homme qu’Il créa, à Son Image, Adam. En outre, cette lettre paraît avoir été gravée un peu plus grande que les suivantes ; serait-ce afin de souligner la relation avec celle du mot Méribah de la prophétie d’Isaïe, la ‘Grandeur’ étant ainsi transposée à Marie ? En quelque sorte, il se serait agi de la désigner comme étant – de tous temps – la seule et véritable mère du Messie. Il est donc probable que lors de l’inhumation de ‘cette Marie là’ (car rien ne nous prouve qu’il s’agit bien de la Vierge), l’on ait voulu, par cette lettre finale en début de son nom, la distinguer de tous autres noms d’ossuaires présents dans ce même tombeau.
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Quand, à quel moment, Myriam est-elle devenue Mariha (Marie) avec un seul Mem fermé ? Lors de son inhumation ou avant, de son vivant ? C’est encore dans l’Ancien Testament que nous trouverons la réponse à cette intéressante question.
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L’Annonce faite à Marie. Quand Myriam devient Marie
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A l'origine, le nom de Marie en hébreu ne pouvait être que Myriam. Dans l’Ancien Testament, Dieu change des noms de personnes ou de lieux afin de les rendre plus forts ou plus glorieux. Par exemple, Il transforme les noms de Abram et Saraï en Abraham et Sarah et, alors que Saraï est stérile et qu’ils sont tous deux très âgés, Dieu leur annonce qu’ils vont avoir un fils. Ce fils sera nommé Isaac. De cet événement, retenons que c’est au moment de ‘l’annonce’ que Dieu a transformé les noms d’Abram et de Saraï (Gn 17, 5 et 15). C’est donc, très probablement, au moment ou l’ange Gabriel, envoyé de Dieu, annonce à celle qui se nomme Myriam qu’elle sera la mère du Messie (Lc 1, 28-32), que son nom devient Mariha.
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"Je te salue [Marie] […] Le Seigneur est avec toi" (Lc I, 28) dit l’Ange.
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En hébreu, les mots ‘salut’ ou ‘saluer’ sont inséparables de Shalom (paix), dans lequel on trouve Shem le Nom. De là découle notre hypothèse : "Je te salue" pourrait avoir pour autre signification "Je te nomme". Cela en présupposant que la rédaction en grec de certains Evangiles, dont celui de Luc, aurait été réalisée à partir de notes écrites en hébreu ou en araméen. Ce que certains auteurs, dont Claude Tresmontant, affirment (Bibliographie). '
Cela nous permet de revenir à la lettre Mem (référence : Maïm eaux). Il y aurait en Mem (la lettre) une symbolisation de Maïm significative d’une fonction procréatrice. Il est écrit : "Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants" (Gn 1, 20). Originelle, l’eau est pure, c’est à dire ‘vierge’ de toute impureté ; le baptême par l’eau ‘lave’ et efface le péché originel.
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‘Pureté’, ‘virginité’ et ‘maternité’ ne sont-ils pas trois des qualificatifs habituellement attribués à la Vierge Marie ?
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A propos des deux formes d’écriture de Mem, le Bahir leur attribue des symboles sexués (Le Bahir, 84-86). Cet ouvrage, considéré comme étant l’un des plus anciens écrits kabbalistiques juifs, qualifie de mâle le Mem fermé et tout à la fois de mâle et femelle le Mem ouvert, mais il fait ressortir le caractère masculin comme étant prédominant dans les deux formes de Mem. Le Bahir précise que Mem est de principe masculin et que par l’ouverture on obtient le féminin (sans doute afin de lui donner la possibilité d’enfanter). Or, nous l’avons vu, les deux Mem, ouvert en début de mot et fermé à la fin de Myriam, ont été remplacés par un seul, très agrandi faut-il le rappeler, afin de former le nom Mariha. Ne pourrait-on y voir la réunion symbolique des deux Mem (ouvert et fermé) en un seul et, dans cette hypothèse, l’exclusion de tout apport masculin d’origine humaine en la Vierge Marie dans le processus d’engendrement du Christ ?
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Une dernière observation s’impose à propos de cette lettre mystérieuse en début du nom de Mariha. L’emplacement habituel de la petite pointe supérieure d’une lettre hébraïque est à gauche, lieu de commencement de son tracé. Or, ici , la pointe de la lettre est ostensiblement placée au centre. La forme allongée de cette Mem finale, surmontée de sa pointe centrée, n’évoquerait-elle pas la permanence de son rattachement à la Divinité ?
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Par son graphisme la lettre n’aurait-elle ni début ni fin ? Ne soulignerait-elle pas son appartenance à ce qui est en Haut et, par conséquent, celle de Mariha à Dieu ? L’emplacement insolite de cette pointe, au sommet de la lettre Mem de Mariha, pourrait avoir un signification identique à celle du doigt levé sur certaines toiles médiévales ou renaissantes (dont quelques-unes de Léonard de Vinci), symbole reliant l’un des personnages représentés au monde divin.
Notons encore ce paradoxe, selon la Tradition la lettre s'écrit Mem-Mem finale mais le Bahir précise "Ne lis pas Mem, mais Maïm les eaux [...]" (Bahir 86), soit Mem, Yod, Mem finale. Cette dernière forme est en conformité avec les Ecritures mais pose problème, la valeur développée de la lettre passe de 80 à 90, soit de 8 à 9 en valeur réduite. Ces nombres conduisent à des significations qui diffèrent sur le plan du symbolisme arithmologique !...
De tout cela il apparaît de plus en plus probable qu’une écriture en araméen ou en hébreu a précédé les écrits grecs de certains des quatre évangélistes, mais ce n’est encore qu’une hypothèse. Finalement, est ce bien Marie, la Vierge mère de Jésus, du Christ, qui est là ? Il ne peut y avoir ici aucune preuve ni aucune certitude et il n’y en aura probablement jamais.
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'Le chevron soutient le toit. Le toit est le sommet de la maison, le point le plus haut de l’édifice.
Or, ni Oméga dont la valeur est 800 ni Tav de valeur 400 ne sont, à nos yeux, représentatifs de l’Incommensurabilité, de l’Infini divin. Le Verbe est Dieu, Dieu est son Verbe. L’alphabet hébreu est symbolique du Verbe divin. Une seule lettre est à la fois 1 et 1000, c’est Aleph qui est en même temps la première lettre de l’alphabet hébreu et – parmi les finales – la vingt-huitième (N. 2). Symboliquement, elle est considérée comme étant la lettre à venir, celle de la fin des temps, celle qui présidera au Jugement dernier. Dans l’hypothèse où, au cours des siècles, le symbole de l'entrée du tombeau aurait été transformé, le cercle en œil et le chevron en triangle, l’ensemble du triangle et de l’œil serait devenu un emblème représentatif de la chrétienté. L’œil symbolise aussi la Source de toutes choses. Mais il faut encore que ces différents éléments nous rappellent l’Un et le Tout, le début et la fin, le 1 et le 1000. Quelques rares documents sont susceptibles de conforter notre hypothèse, ce sont :
- 1) une enluminure d’un psautier bénédictin représentant un Christ en Croix, XIe.
- 2) le triangle et l’œil sur un tableau de Jacopo Carrucci : Le souper à Emmaüs, XVIe.
- 3) un triangle et un cercle sur un tableau jésuite du XVIIe, La Vierge alchimique.
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Afin de montrer aux hommes le chemin qui doit être le leur sur cette terre et ce qu’ils peuvent espérer après leur mort, Dieu le Fils naît comme un homme, vit comme le plus humble des hommes et meurt comme le plus misérable d'entre eux. Ayant accompli cela, abandonnant ce corps qui n’est que matière il se rend visible à plusieurs reprises, il apparaît ou disparaît, s’incarne ou se désincarne. Ce faisant, il montre qu’il est Dieu et démontre aux hommes qu’en dedans de la matière terrestre dont ils sont faits, il y a une âme, un ‘corps sublime’ impérissable et dont l’ultime habitat n’est pas de ce monde. Certes, Dieu crée le premier homme en le façonnant à partir d’éléments terrestres déjà créés par Lui. Il le crée ‘matière’ puis, ayant fait cela et afin de lui donner vie, Il lui insuffle l’âme sans laquelle il ne pourrait vivre. Voici, enfin peut-être, une interprétation qui pourrait s’accorder avec la modernité de nos sciences.
L’Eternel-Dieu façonna l’homme, poussière détachée du sol, fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant (Gn 2, 7. La Bible hébraïque).
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Epilogue
Quoi qu’il en soit, tout ici étant question de foi, de toute cette affaire il n’y aurait à retenir ‘ni vrai, ni faux’, car rien ne viendra jamais en démontrer l’authenticité. Les A.D.N. de Jésus et de sa famille nous étant absolument et définitivement inconnus, la recherche de compatibilité entre les ossements dans le tombeau de Talpiot, afin de déterminer leur parenté, ne peut en aucun cas démontrer qu’il s’agit bien du tombeau du Christ et de Marie, sa mère.
Une falsification étant toujours possible même à l’époque du Christ, des ossuaires présents dans la tombe de Talpiot à Jérusalem nous ne retiendrons que ce fait troublant : l’écriture très particulière et d’ailleurs non conforme à la tradition hébraïque du nom Mariha, gravé sur l’un d’entre eux. C’est, par sa première lettre Mem finale rapprochée du mot Meribah (Grandeur) de la prophétie d’Isaïe 9, 6, le seul véritable indice permettant l’hypothèse de son rattachement à la Vierge Marie, la sainte mère de Jésus. Il semblerait d’ailleurs qu’au cours des siècles, cette anomalie scripturaire ait pu offenser certains visiteurs du tombeau et que l’on ait voulu effacer cette lettre si particulière, tant une brisure en son centre fait penser à un coup de pioche ou de masse donné volontairement. Tentative heureusement restée vaine, en l'échec de laquelle certains pourront voir le signe d’une protection divine afin que demeure le Mystère de l’Incarnation.
1) Plusieurs sites Internet offrent l’alphabet hébreu accompagné de ses symboles et des chiffres attribués à chaque lettre (Taper : Alphabet hébreu sur l’un des moteurs de recherche).
3) Deghaye, Le Nombre du Fils, Préface d’Antoine Faivre, Paris : Dervy, 2007.
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La Bible, Traduction intégrale hébreu – français. Texte hébraïque d’après la version massorétique. Traduit du texte original par les membres du Rabbinat Français, sous la direction du Grand–Rabbin ZADOC KAHN. Tel-Aviv/Israël : Editions Sinaï (nouvelle édition, avec traduction révisée), 1994.
La Sainte Bible. L’Ancien Testament et le Nouveau Testament, Traduction des textes hébreux et grecs par Louis SEGOND. Genève : Société biblique de Genève, 1966.
La Bible. Traduction œcuménique de la Bible. Texte intégral : Ancien Testament, 2 vol. ; Nouveau Testament, 1 vol. Société Biblique Française & Éditions du Cerf, Paris : Le Livre de Poche (coll. La Pochothèque), 1988.
Le Zohar. Tome 1, Préliminaires ; Berechit, Noah, Lekh Lekha. Traduction, annotation et avant-propos par Charles MOPSIK. Suivi du Midrach Ha Neelam, traduit et commenté par Bernard MARUANI, Paris : Verdier (coll. Les Dix Paroles), 1981.
Le Bahir, Le Livre de la clarté, traduit de l’hébreu et de l’araméen par Joseph Gottfarstein. Édition bilingue, Paris : Verdier, 2007.
Dictionnaire de la Bible Hébraïque, MARCHAND ENNERY, éd., Paris : Colbo (coll. Judaïca-poche), 19924.
Dictionnaire hébreu-français, N. Ph. SANDER & I. TRENEL, éd., Genève: Slatkine Reprints, 1995 (éd. originale Paris: 1859).
Dictionnaire [Larousse] français-hébreu, COHN Marc M., éd., Tel-Aviv : Achiasaf Publishing House LTD, 1993.
Mgr. Jean-Michel di FALCO, L’Eglise n’a pas peur de la vérité, communiqué publié en préalable au documentaire " Le tombeau de Jésus " diffusé sur TF1 le 29 mai 2007.
Simcha JACOBOVICI & Charles PELLEGRINO, Le Tombeau de Jésus, Paris : Michel Lafon, 2007.
Roland BERMANN, Voie des Lettres, Voie de Sagesse, Paris : Dervy, 2002.
Jean-Pierre BRACH, La Symbolique des Nombres, Paris : Presses Universitaires de France (Que sais-je), première édition, 1994, octobre. Texte revu et augmenté : Il simbolismo dei numeri. Rome : Arkeios, 1999.
Antoine FAIVRE, ‘Présentation de la Vierge alchimique’, in La Bible, images, mythes et traditions (Danièle Chauvin éd.), Paris : Albin Michel (Cahiers de l’Hermétisme), 1995, 199-215.
Claude TRESMONTANT, Le Christ hébreu, Paris : Albin Michel, 1983.
José BONIFACIO, avec la participation de Philippe DENIS et Garo KARAGUEUSIAN, En Quête de la Parole Perdue, Paris : Editions Télètes, 1994.

